Créations d’emplois au point mort, chômage en hausse, défauts de crédit en explosion : le cycle économique américain semble bel et bien se retourner, alors que la Fed reste piégée entre inflation et ralentissement.
1. Les gérants actifs repassent en levier sur les actions américaines
2. Emploi américain : la création nette tombe à zéro
3. Marché de l’emploi américain : le cycle se retourne
4. États-Unis : les licenciements dépassent 100 000 par mois, le chômage repart à la hausse
5. États-Unis : plus d’un million d’emplois supprimés depuis janvier, un signal cyclique majeur
6. États-Unis : l’emploi manufacturier en récession depuis deux ans
7. États-Unis : les défauts sur prêts étudiants explosent, freinant la consommation
8. Inflation : les droits de douane et la “fiscal dominance” redessinent le régime monétaire
Commentaire des graphique
Le graphique met en évidence la remontée spectaculaire du niveau d’exposition des gérants actifs américains, désormais supérieure à 100 % autrement dit, les portefeuilles sont en levier net long.
C’est la première fois depuis juillet 2024 qu’une telle situation se produit ; à l’époque, cette concentration de positions avait précédé une correction de près de 10 % du S&P 500.
Autrement dit, les gérants ne se contentent plus d’être investis : ils empruntent pour amplifier leur exposition, signe d’un optimisme extrême vis-à-vis du marché américain.
Analyse et mise en perspective
Ce regain d’appétit traduit un contexte de confiance quasi totale dans la poursuite du rallye, porté par la solidité des bénéfices et la perspective de nouvelles baisses de taux.
Mais cette exposition record s’inscrit dans un environnement déjà caractérisé par :
des valorisations historiquement élevées,
une concentration extrême sur les mégacaps technologiques,
et une liquidité structurellement en plateau après deux ans de resserrement monétaire.
Le recours massif au levier institutionnel crée une situation asymétrique : toute surprise négative (résultats, inflation, tensions géopolitiques) pourrait déclencher des débouclages forcés rapides.
En clair, le marché reste haussier mais techniquement fragile : la hausse repose davantage sur le positionnement que sur de nouveaux flux entrants.
Implication portefeuille
Nous considérons ce signal comme un indicateur avancé de complaisance.
Dans ce contexte, il convient de :
réduire l’exposition aux actions américaines, notamment sur les segments les plus valorisés ;
renforcer la diversification géographique (Europe, Asie, marchés émergents) et sectorielle (infrastructures, santé, énergie) ;
préserver une poche de liquidités ou d’obligations de qualité, pour pouvoir réinvestir en cas de correction technique.
En somme, le marché reste porteur, mais le levier collectif marque souvent les sommets de cycle : mieux vaut consolider les gains que courir après la performance.
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