🎯 Marchés, Iran et IA : la semaine où tout a basculé du rouge au vert

Wall Street a absorbé le choc géopolitique en un temps record, mais le vrai test des fondamentaux commence avec la saison des résultats.

Marchés Ingefii
9 min ⋅ 22/04/2026

1. 🕊️ Le conflit Iran-États-Unis semble avoir dépassé son pic d'escalade. La réouverture d'Ormuz pendant 24 heures par Téhéran est un signal de négociation, et Trump revendique déjà un accord "historique" avant même sa signature. Les pourparlers ont repris au Pakistan. Le marché a anticipé l'apaisement, mais l'issue reste binaire.

2. 💸 Les fonds monétaires américains ont enregistré 172 milliards de dollars de sorties en une semaine, un record sur dix ans. Les institutionnels, massivement sous-investis il y a quinze jours, se sont réalloués vers les actions. Une partie s'explique par la période fiscale américaine, mais le signal dominant reste clair : bascule du risk-off au risk-on. Le carburant lié au pessimisme est désormais consommé.

3. 📊 Le Nasdaq 100 a progressé de 17% en 13 séances consécutives de hausse, porté par les Magnificent Seven. Microsoft gagne 13% en avril, Tesla 15%, Oracle 27%. Les indices dépassent leurs niveaux d'avant le conflit iranien. Mais après un rebond de cette ampleur, la marge pour surprendre positivement s'est réduite et la sélectivité redevient essentielle face à la saison des earnings.

4. 📉 L'économie américaine fonctionne à deux vitesses. Les hauts revenus voient leurs salaires progresser de 6%, les plus modestes seulement de 1%, sous une inflation supérieure à 3%. L'écart est au plus haut depuis 2015. Parallèlement, 50% des salariés américains utilisent désormais l'IA au travail contre 20% il y a trois ans, une adoption bien plus rapide que celle d'internet dans les années 2000.

5. 🔮 La saison des résultats du T1 entre dans sa phase la plus dense entre fin avril et début mai. Le marché a déjà intégré la détente géopolitique et le repositionnement institutionnel. Pour prolonger la hausse, seuls les fondamentaux comptent désormais. La question clé : quel impact du conflit iranien et de la hausse de l'énergie sur les marges et les perspectives 2026 des entreprises ?


Introduction

Semaine charnière sur les marchés. Depuis une quinzaine de jours, les indices américains enchaînent les séances de hausse, le Nasdaq aligne treize progressions consécutives, et les grandes valeurs technologiques affichent des performances qu'on n'avait plus vues depuis longtemps. Pour comprendre ce qui se joue, il faut regarder trois choses ensemble : ce qui se passe au Moyen-Orient, ce que font les investisseurs institutionnels, et dans quel état se trouve réellement l'économie américaine. C'est ce que nous vous proposons dans cet épisode.

1. Iran — le pic d'escalade est passé

Ce que nous observons

Trois éléments pour poser le décor. D'abord le détroit d'Ormuz, ce goulet d'étranglement par où transite près d'un cinquième du pétrole mondial, et qui a été au cœur des tensions de ces dernières semaines. Ensuite Donald Trump, qui lundi soir a confirmé que la trêve négociée avec l'Iran expire ce mercredi soir, avec la menace explicite de reprendre les frappes si aucun accord n'est trouvé. Enfin, son message publié hier sur Truth Social, dans lequel il se pose déjà en vainqueur : l'accord en cours de négociation serait, selon lui, « bien meilleur » que le JCPOA conclu sous Obama puis reconduit sous Biden. Dans le même temps, ce mardi matin, une nouvelle séquence de négociations a démarré au Pakistan entre la délégation iranienne et la délégation américaine, cette dernière menée en personne par Donald Trump.

Ce qu'il faut en comprendre

Le message central que nous voulons vous faire passer : nous sommes très probablement passés au-delà du pic d'escalade. Le dossier est entré dans sa phase de négociation, et plusieurs signaux convergents viennent le confirmer. Le plus parlant reste le comportement de l'Iran lui-même. Après avoir laissé le détroit d'Ormuz fermé ou sous tension pendant une quinzaine de jours, Téhéran a rouvert le passage pendant vingt-quatre heures. Ce type de geste n'est jamais gratuit dans ce genre de bras de fer : c'est une concession calibrée, un signal envoyé aux Américains — et aux marchés — qu'un accord reste sur la table. Quand chaque partie commence à lâcher du lest sur les points qui font le plus mal à l'autre, c'est généralement que tout le monde cherche une porte de sortie par le haut.

La méthode Trump s'applique ici avec une régularité presque mécanique : pression maximale en amont, menace d'escalade militaire en cas d'échec des pourparlers, puis ouverture d'une fenêtre de négociation à laquelle l'adversaire ne peut plus se dérober. Le message d'hier soir, dans lequel il revendique déjà la paternité d'un accord « historique » avant même qu'il ne soit signé, participe de la même logique : on verrouille le récit avant que les détails ne soient connus.

Ce que cela signifie pour les portefeuilles

Les marchés n'ont pas attendu, et c'est précisément ce qui rend cette semaine intéressante : plutôt que de se préparer à une escalade, ils ont déjà commencé à acheter l'apaisement du conflit. La prime de risque géopolitique qui s'était installée sur les actifs risqués depuis début avril s'est dégonflée. Cela dit, l'issue des pourparlers reste binaire : soit l'accord est annoncé dans les prochains jours et la détente se consolide, soit les négociations échouent et nous basculons vers une phase nouvelle, plus violente. Nous considérons le premier scénario comme nettement plus probable compte tenu des signaux envoyés par les deux camps.

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